1eres conférences Cannabmed à Barcelone

Une partie de l’équipe Alchimia s’est rendue à Barcelone les 15, 16 et 17 Décembre 2016 pour assister au séminaire et aux conférences de la première édition de la Cannabmed, un événement dont l’objectif est de réunir patients et médecins pour discuter ensemble sur l’usage thérapeutique de la plante de cannabis.

Organisée par la Fondation ICEERS, avec le soutien de la Fondation Canna et de la Fondation Alchimia Solidaria, la Cannabmed s’est déroulée dans une excellente ambiance au sein de l’Université Autonome de Barcelone. Chaque conférence était suivie d’une longue séance de questions du public. Une partie de l’assistance était également invitée à se réunir séparément en petits groupes de travail, pour débattre sur des thèmes particuliers.

Cannabmed 2016

Cannabmed 2016

Plutôt qu’un résumé de chaque intervention, qui pourrait être un peu trop long, nous vous proposons ici une série d’extraits choisis, avec certaines des informations qui nous ont semblé parmi les intéressantes à vous partager :

Le système endocannabinoïde, le CBD et le THC

Au sujet du système endocannabinoïde, José Carlos Bouso nous rappelle que son rôle principal est de réduire l’inflammation et les dommages corporels. Cette action s’effectue principalement via les récepteurs à cannabinoïdes CB1 qui se situent dans les cellules pré-synaptiques, où ils facilitent l’inhibition des neurotransmetteurs, mais aussi via les récepteurs à cannabinoïdes CB2, liés notamment au système immunitaire.

A ce sujet, il est important de préciser que l’activation des récepteurs CB2 produit un effet immunomodulateur, en régulant l’activité du système immunitaire, et non pas immunosuppresseur comme on a pu le penser auparavant.

Dr Mariano Garcia de Palau

Dr Mariano Garcia de Palau

Le cannabinoïde le plus étudié actuellement au niveau thérapeutique est le Cannabidiol (CBD). Le Dr Garcia de Palau rappelle cependant qu’il ne faut jamais oublier le THC, qui est plus efficace que le CBD pour de nombreuses pathologies.

Par exemple, pour soulager la douleur le THC possède des propriétés analgésiques bien plus importantes que le CBD, bien que ce dernier soit davantage anti-inflammatoire. Les meilleurs résultats contre la douleur sont souvent obtenus avec un ratio THC/CBD de 1/1. Autre exemple, pour lutter contre les nausées et vomissements, de faibles doses de THC se montrent plus efficaces que de fortes doses de CBD.

Mais le CBD est loin d’être inutile non plus, avec de nombreuses propriétés thérapeutiques : bien qu’il ne possède quasiment pas d’affinité pour les récepteurs CB1 et CB2, il agit sur de nombreux autres types de récepteurs : 5HTA1 (lié à la sérotonine, ce qui explique en bonne partie son effet anxiolytique), TRPV 1-2-3-4 (liés notamment à la perception de la douleur), mais aussi les récepteurs GPR-55, GPR-18, GPR-119… dont la science n’a pas encore fini d’étudier toutes les propriétés.

Mécanismes d'action du CBD

Mécanismes d’action du CBD

Le Dr Fernando Caudevilla rappelle cependant que le cannabis n’est bien sûr pas une panacée ni un produit miraculeux, et qu’il ne s’agit pas toujours du meilleur choix thérapeutique. Par exemple, dans le cas du glaucome il existe des médicaments plus efficaces et plus faciles à utiliser que le cannabis. On peut aussi constater que les cannabinoïdes sont souvent utilisés pour traiter différents symptômes, plutôt que des maladies.

Le dosage des cannabinoïdes

Bien que le dosage des cannabinoïdes puisse varier fortement en fonction de la pathologie et du patient, les médecins ont pu apporter quelques indices issus de leur expérience avec les patients. La règle générale est de commencer le traitement avec du Cannabidiol (CBD), puis d’ajouter du THC en commençant par des doses très faibles, et d’adapter ensuite les dosages en fonction des résultats.

Conférences de la Cannabmed

Conférences de la Cannabmed

Pour le CBD, il est possible de commencer le traitement avec 0,5 mg / Kg / jour. La dose maximale n’est pas vraiment définie, et certains patients en consomment plus de 1500 mg par jour.

Pour le THC, il est important de commencer avec des doses vraiment infimes, puis d’augmenter progressivement le dosage jusqu’à atteindre entre 0,5 et 3 mg / Kg / jour.

Ces doses doivent être divisées en deux ou trois prises tout au long de la journée. Il faut trouver pour chaque patient le ratio CBD/THC qui lui convient le mieux.

Le Dr Garcia de Palau ajoute que l’on pourrait classer les patients qui entament un traitement au cannabis en trois groupes : ceux qui n’ont jamais consommé de cannabis, ceux qui en consomment déjà pour d’autres motifs que thérapeutiques, et les anciens consommateurs, qui ont déjà connu la plante mais qui n’en consomment plus.

Cette dernière catégorie de personnes s’avère être la plus facile à prendre en charge par les médecins. Ils ne risquent en effet pas d’être surpris par les effets du cannabis, contrairement aux personnes qui n’en ont jamais consommé. Pour les consommateurs récréatifs, le problème est que la tolérance aux cannabinoïdes peut varier très fortement d’une personne à une autre. Il n’est ainsi pas évident d’estimer la dose de cannabinoïdes à prescrire au niveau thérapeutique, à un patient qui commence chaque journée par un gros joint d’herbe pure.

Pour sa première édition, la Cannabmed fut un succès

Pour sa première édition, la Cannabmed fut un succès

Le Dr Garcia de Palau ajoute également que la vaporisation du cannabis à température maximale (230ºC) représente le moyen le plus efficace de consommer le cannabis médical, avec un effet immédiat et facile à doser. La vaporisation s’avère même possible en cas de cancer des poumons.

La voie orale est une alternative, mais la moins bonne biodisponibilité des cannabinoïdes par cette voie oblige à consommer environ 2,5 fois plus de cannabis. L’effet sera par contre alors plus durable dans le temps, c’est pourquoi certains patients préfèrent le consommer ainsi.

L’importance de la relation entre patients et médecins

La défense des droits des patients fut l’un des thèmes fondamentaux de ces conférences. Il fut cité notamment l’importance pour les patients de pouvoir choisir le traitement qui leur convienne le mieux, un droit qui est hélas souvent bafoué par les médecins eux-mêmes.

Jose Carlos Bouso en pleine conférence

Jose Carlos Bouso en pleine conférence

Le Dr Garcia de Palau déplore également qu’il n’existe aucun cours sur les différentes formes de médecine complémentaire durant le long cursus de formation universitaire de médecine, ce qui explique en partie pourquoi ses confrères sont si mal informés sur le sujet du cannabis thérapeutique.

Le médecin insiste également sur l’importance de la relation de confiance qui doit exister entre le patient et son médecin, il faut que le patient se sente écouté et compris, qu’il existe un bon feeling entre les deux personnes. De nombreux médecins ont hélas perdu le coté humain de leur métier, et ne prennent même plus le temps d’apprendre à connaître leurs patients.

Par ailleurs, le Dr Joan Pares a tenu a remercier les cannabis clubs qui remplacent en partie les docteurs, en conseillant efficacement les patients tout en leur permettant d’obtenir leur traitement.

Dr Joan Pares

Dr Joan Pares

Un problème important qui fut soulevé à plusieurs reprises, reste le manque d’extraits standardisés en cannabinoïdes sur le marché, qui oblige les patients à essayer de nombreux produits de qualité plus ou moins fiable jusqu’à trouver celui qui pourrait fonctionner. Et s’ils trouvent le produit avec la formulation qui leur convient, les patients peuvent alors facilement se retrouver confrontés à un autre problème : la rupture de stock, voir même la disparition soudaine du produit, et l’impossibilité d’en retrouver un qui soit exactement similaire. Il est indispensable que les patients puissent avoir accès en permanence à des extraits standardisés, comme c’est le cas pour tous les autres médicaments.

Les extractions de cannabis thérapeutique

Le vendredi en fin de matinée, nous avons pu écouter la très intéressante conférence de Xavier Nadal, responsable du département d’extractions de l’entreprise Phytoplant, au sujet des différentes techniques de création de concentrés de cannabinoïdes, et de celles qui sont les plus adaptées à l’usage thérapeutique.

De manière générale, le protocole d’extraction et de purification de cannabinoïdes est le suivant :

1) Décarboxylation du matériel végétal (120ºC pendant 1h).
2) Extraction des principes actifs en utilisant des fluides supercritiques ou des solvants organiques, puis évaporation de ces fluides ou solvants.
3) Winterization : dissolution de l’extraction dans l’éthanol puis congélation à -20ºC pour précipiter et éliminer les substances indésirables (cires…). Élimination de l’éthanol par évaporation.
4) Chromatographie de l’extrait winterizé pour obtenir l’extrait purifié. Évaporation du solvant de purification pour obtenir la fraction purifiée.
5) Dissolution des fractions de l’extrait purifié dans un premier solvant (polaire ou apolaire) pour filtrer tout matériel insoluble, et éliminer ce solvant par évaporation.
6) Répéter cette opération avec un autre solvant (polaire ou apolaire), pour obtenir des cannabinoïdes sous leur forme pure.

Différentes méthodes d'extraction et de purification des cannabinoïdes

Différentes méthodes d’extraction et de purification des cannabinoïdes

Xavier Nadal est ensuite revenu sur les principales techniques d’extractions de cannabinoïdes disponibles à ce jour :

  • Les extractions par infusion dans du lait, ou avec de l’eau à l’aide d’émulsifiants tels que la lécithine ou la cyclodextrine, ainsi que les extractions par macération directe du cannabis dans de l’huile végétale (olive, coco..) : ces méthodes sont valables pour l’usage thérapeutique, mais sont à réaliser par les patients eux-mêmes.
  •  Les extractions à l’aide de solvants organiques liquides, par percolation ou macération : cette technique est possible pour l’usage médical uniquement si le solvant utilisé est de l’éthanol de qualité alimentaire (non dénaturé !).
  • Les extractions à l’aide de solvants organiques liquides, en utilisant de la chaleur (soxhlet..) : celles-ci sont à éviter, car elles peuvent dégrader le THC en CBN.
  • Les extractions au butane ou au propane : elles peuvent être utilisées si le gaz est de qualité alimentaire, mais elles présentent des risques d’explosion.
  • Les extractions au CO2 en phase liquide, subcritique ou supercritique : elles sont idéales pour l’usage médical, car il n’y a aucun résidu de solvant si le CO2 est de qualité alimentaire.
Xavier Nadal décrit les meilleures techniques d'extraction et de purification des cannabinoïdes

Xavier Nadal décrit les meilleures techniques d’extraction et de purification des cannabinoïdes

Il existe donc différentes techniques d’extraction acceptables pour l’usage thérapeutique, la meilleure étant celle au CO2, mais il reste ensuite une étape beaucoup plus complexe : la purification du produit. Celle-ci peut s’effectuer de 3 façons différentes :

  • Purification par chromatographie (solide-liquide ou liquide-liquide)
  • Purification par recristallisation (ou formation de dérivés et recristallisation, comme c’est le cas avec le THC dont la molécule doit être modifiée si l’on veut former des cristaux de THC)
  • Purification par distillation moléculaire

Parmi ces différentes techniques, seule la distillation moléculaire devrait être utilisée pour créer des extractions à usage médical, les autres méthodes utilisant différents solvants organiques. La technique la plus efficace à l’heure actuelle est une forme particulière de distillation moléculaire, appelée la distillation à court trajet (short path distillation).

Conférences Cannabmed 2016

Conférences Cannabmed 2016

Xavier Nadal a soulevé un problème important, celui des pesticides, métaux lourds, mycotoxines et autres contaminants qui se retrouvent également concentrés dans les extractions. Il est donc primordial que la culture, le séchage et le stockage de la matière végétale soient réalisés dans les meilleures conditions possibles, et que le résultat final de l’extraction soit contrôlé en laboratoire.

Utiliser le cannabis en cas d’épilepsie infantile

La première partie du samedi après-midi fut consacrée à la lutte que mènent les parents pour soigner leurs enfants épileptiques avec des extraits de cannabis. Parmi les conférenciers se trouvaient notamment le Dr Antonio Russi, spécialiste en neurologie et neurophysiologie clinique, et actuel Président du Bureau Espagnol contre l’Épilepsie.

Ce grand expert de l’épilepsie était accompagné par le Dr Mariano Garcia de Palau, qui traite depuis déjà 5 années plusieurs enfants épileptiques avec des cannabinoïdes. Ce dernier est revenu notamment sur l’importance de l’effet de l’entourage, le CBD étant beaucoup plus efficace lorsqu’il est accompagné d’autres molécules naturellement présentes dans la plante de cannabis, telles que les autres cannabinoïdes ou les terpènes aromatiques. Cet effet de l’entourage permet de diminuer fortement la dose de CBD utilisée, par rapport au médicament Epidiolex qui ne contient que du CBD.

Début de la conférence sur l'épilepsie infantile

Début de la conférence sur l’épilepsie infantile

Aux cotés de ces deux médecins, nous avons pu écouter le témoignage émouvant de deux parents d’enfants touchés par des formes d’épilepsie réfractaires aux médicaments classiques (qui représentent environ 36% des cas d’épilepsie), et qui utilisent maintenant un traitement à base de cannabis pour diminuer les crises épileptiques.

Ce fut d’abord le témoignage de Santi Martinez, papa d’une petite fille touchée par la sclérose tubéreuse, une maladie génétique qui provoque de graves problèmes de santé, dont l’épilepsie est l’un des principaux. Après avoir essayé sans succès tous les médicaments disponibles, ils ont rencontré la Kalapa Clinic et le Dr Garcia de Palau en Décembre 2015.

Dès les premiers jours avec du CBD, le nombre de crises a diminué. Le CBD fut ensuite complété par un peu de THC, et les dosages des médicaments antiépileptiques ont pu être réduits. Ces parents cultivent maintenant leurs propres plantes de cannabis, afin d’en extraire eux-mêmes les précieux cannabinoïdes. Le papa raconte ainsi qu’il a du se transformer en jardinier, chimiste et docteur, pour réduire aujourd’hui le nombre de crises de sa petite fille d’environ 80%.

Une partie du public de la Cannabmed

Une partie du public de la Cannabmed

Malgré les difficultés pour s’organiser, Santi déclarait être tout de même satisfait de la situation actuelle, car il a pu trouver toute l’aide et le nécessaire pour obtenir ce résultat. Mais il regrette cependant que les extractions de cannabinoïdes ne soient pas plus facilement accessibles. Il souhaiterait bénéficier d’une couverture médicale officielle de la part des médecins, et illustre le courage des parents d’enfants épileptiques en disant qu’ils ont « beaucoup de batterie, mais peu de durée ».

Nous avons ensuite pu écouter Assumpta Garrido, maman de Laia, petite fille de 8 ans. A l’âge de 4 mois, la petite a développé un syndrome de West, maintenant dérivé en entéropathie épileptique réfractaire. Dans l’impossibilité de trouver un médecin capable de les renseigner sur le cannabis, ses parents se sont rendus à Expogrow d’Irun pour rencontrer le Dr Garcia de Palau, un peu désorientés dans l’ambiance de cette grande fête du cannabis.

Aucun médicament classique ne fonctionnait, mais le neurologue qui suivait la petite Laia ne voulait rien entendre au sujet du cannabis. Les parents ont continué leurs recherches, et ont tout de même décidé d’essayer de commencer le traitement au cannabis, malgré le désaccord du neurologue.

Sous la surveillance du Dr Garcia de Palau, ils ont commencé à donner du CBD à leur enfant, et ont pu constater de gros changements dès le début, les crises étant moins fréquentes. Ici encore les dosages des médicaments antiépileptiques classiques ont pu être diminués, et la qualité de vie de la famille fut améliorée, notamment grâce à la réduction de l’anxiété que provoquaient les crises constantes.

Antonio Russi, médecin spécialiste de l'épilepsie

Antonio Russi, médecin spécialiste de l’épilepsie

Mais la maman regrette que la situation ne soit pas plus facile pour eux. Ils ont dû faire ce choix contre l’avis du neurologue, et craignent d’être dénoncés et de perdre la garde de leur enfant. Aussi, le CBD est une molécule dont le prix est encore très élevé, et bien qu’on en entende souvent parler, la plupart des parents ne savent pas où l’acheter, ni comment l’utiliser, et n’osent donc pas l’essayer.

Un autre problème soulevé par la mère de famille concerne l’impossibilité de voyager à l’étranger avec des cannabinoïdes, comme c’est le cas pour tout médicament. Et lorsque les parents doivent laisser leur enfant quelque part, comme par exemple au sein d’un établissement médical, ils se retrouvent bien souvent dans l’obligation de mentir ou de cacher la véritable nature du traitement qu’ils demandent d’administrer à leur fille, en disant par exemple qu’il s’agit d’un simple complément alimentaire.

Ces témoignages de la délicate situation dans la laquelle se trouvent ces parents ont reçu de longs applaudissements bien mérités de la part du public. Bravo à eux pour leur courage !

Le cannabis et le cancer

Parmi les autres maladies pour lesquelles les cannabinoïdes peuvent être utiles, le cancer est un thème qui revient régulièrement. Le Dr Garcia de Palau insiste cependant sur le fait que bien que les cannabinoïdes possèdent des propriétés tumorales observées sur des animaux de laboratoires, tels que les souris, il n’existe encore aucune étude clinique réalisée sur des humains. Il estime donc qu’il manque encore au moins 10 à 20 ans de recherche médicale dans ce domaine avant de disposer de données fiables sur lesquelles se baser.

Intervention du Dr Joan-Ramon Laporte

Intervention du Dr Joan-Ramon Laporte

Il est par contre déjà connu que le THC et le CBD agissent sur les cellules tumorales via deux voies différentes, le CBD étant notamment actif pour lutter contre l’angiogenèse (la création de nouveaux sanguins pour alimenter la tumeur), pendant que le principal effet du THC est de déclencher l’apoptose de la cellule tumorale, c’est à dire sa destruction. Mais on ignore encore tout des dosages et cycles de traitement à effectuer, en fonction du patient mais aussi du type de cancer.

Les témoignages de patients

Pendant ces conférences, nous avons également pu écouter le témoignage de plusieurs patients qui utilisent le cannabis thérapeutique pour se soigner. C’est le cas par exemple de Sergi Artigas, un informaticien de Barcelone qui souffre de douleurs neuropathiques chroniques depuis un accident de moto en 2004. Après avoir essayé de contrôler la douleur avec des médicaments classiques, qui produisaient de nombreux effets secondaires, il n’utilise maintenant plus que le cannabis.

Sergi préfère consommer le cannabis dans son alimentation (voie orale), car les effets durent ainsi beaucoup plus longtemps. Un point important qui fut abordé dans son témoignage, est la bataille que doit souvent mener le patient pour faire accepter le cannabis à sa propre famille.

Témoignage d'Ekaitz Agirregoitia

Témoignage d’Ekaitz Agirregoitia

Nous avons aussi pu écouter le témoignage d’Ekaitz Agirregoitia, docteur en biologie et professeur agrégé à la faculté de médecine et d’odontologie de l’Université du Pays Basque. Ce médecin souffre de colite ulcéreuse, qu’il soigne quotidiennement avec des cannabinoïdes ; principalement du CBD dont les propriétés anti-inflammatoires semblent être très utiles, mais aussi car il est très sensible aux effets du THC. C’est toujours un grand plaisir d’écouter Ekaitz et son humour exceptionnel, que le public a beaucoup apprécié.

Parmi les autres patients qui témoignaient sur leur usage médicinal de la plante de cannabis, nous avons pu aussi écouter Pep Lopez, atteint de sclérose en plaques depuis 1992, qui fut pendant deux ans le porte-parole des patients de la Fondation de la Sclérose en Plaques. Nous avons aussi retrouvé Carola Perez, la courageuse jeune femme qui préside maintenant l’Observatoire Espagnol du Cannabis Médical, ainsi qu’Aurora Sotoca, atteinte de scoliose lombaire et cervicale, toutes les deux utilisant le cannabis pour lutter contre la douleur chronique.

Un autre thème important qui fut abordé fut celui de la qualité de vie du patient, qui peut souvent être amélioré par les cannabinoïdes : meilleure humeur, meilleur sommeil, meilleur appétit…  la qualité de vie fait partie intégrante de la santé. Et lorsque la qualité de vie du patient s’améliore, celle de son entourage également !

Témoignage de Pep Lopez

Témoignage de Pep Lopez

Parmi les questions du public, un autre point fut soulevé : il faut vraiment que les patients « sortent du placard » et se mobilisent, car c’est d’eux que viendra le changement.

La  réduction des risques liés à l’usage du cannabis

Une partie des conférences du samedi fut consacrée à un thème concernant autant l’utilisation récréative que médicale du cannabis : la réduction des risques. Le Dr Joan Pares définit ainsi le bon usage du cannabis en deux points principaux :

  • l’absence d’interactions négatives avec d’autres substances ou médicaments
  • la qualité et le dosage des produits utilisés

Concernant la qualité, la situation actuelle ne permet hélas pas de contrôler facilement la qualité des produits utilisés par des analyses en laboratoire, pour garantir leur absence de microbes, de métaux lourds, de pesticides, ainsi que de traces de solvants dans le cas des extractions. Le fait qu’il n’existe aucune traçabilité des produits est un autre problème qu’il faudrait résoudre dans l’optique de réduire les risques des consommateurs.

Marta Sanz, spécialiste du cannabis médical

Marta Sanz, spécialiste du cannabis médical

Le cannabis souffre de sa mauvaise image, de toute la désinformation qui circule à son sujet, que ce soit dans les médias, parmi la population et souvent parmi les consommateurs eux-mêmes, et bien sûr des lois en vigueur. Le Dr Albert Estrada a fait d’ailleurs le rappel d’un triste constat qui peut paraître évident pour certains, mais que d’autres ne pourront jamais comprendre : celui que la plupart des gens se fient uniquement à la loi pour définir si un produit est bon ou mauvais.

Le thème des addictions fut également abordé : tous les humains, sans exceptions, possèdent des addictions. Une addiction n’est pas mauvaise en soi, c’est une relation qui nous unit à quelque chose. Fait intéressant concernant les addictions, le cannabis montre de bons résultats en tant que substitut des drogues dures telles que les opiacés, la cocaïne ou l’alcool.

Un grand merci aux organisateurs, à tous les conférenciers et au public de ce premier grand événement du cannabis médical à Barcelone, nous espérons que cette Cannabmed sera suivie de nombreuses autres éditions pour continuer à informer de la meilleure façon possible un maximum de patients et de membres du corps médical.

7 février 2017 | Cannabis thérapeutique
2 commentaires


2 comments on “1eres conférences Cannabmed à Barcelone

  1. roger boivin

    bravo ca comence a avance

  2. Splifomania

    Merci pour ce petit résumé 🙂

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