Températures de vaporisation du cannabis

Vaporisateurs de cannabis et contrôle des températures

L’augmentation de l’utilisation des vaporisateurs observée ces dernières années répond à une demande toujours plus importante de la part des utilisateurs médicaux, mais pas uniquement. En effet aujourd’hui de plus en plus de consommateurs de cannabis récréatif se préoccupent également de leur santé et souhaitent trouver une alternative à la combustion classique de fleurs ou d’extraction de cannabis.

Toujours plus de dispositifs permettant de vaporiser aussi bien les herbes sèches que les résines, sont disponibles sur le marché des vaporisateurs. Ils proposent en général un système permettant le contrôle des températures (ºC) de vaporisation ou de la  tension (V) de la batterie (ou les deux dans certains cas), offrant ainsi un contrôle total de la vaporisation.

Notre vaporisateur doit proposer un bon contrôle des températures

Notre vaporisateur doit proposer un bon contrôle des températures

Cette caractéristique de plus en plus commune, ne permet pas seulement de contrôler la température et donc la densité et la saveur de la vapeur, mais également de connaître approximativement les composés vaporisés et ceux qui ne le sont pas, faute d’atteindre leur point d’ébullition.

Ce point qui pourrait sembler de moindre importance se répercute directement sur l’odeur, la saveur et les effets du cannabis consommé. Il faut donc faire bien attention si nous souhaitons profiter au maximum de notre vaporisateur et de ses caractéristiques. Normalement, les concentrés de cannabis se vaporisent à des températures plus élevées que la matière végétale.

Il faut souligner également que cette caractéristique n’est pas seulement réservée aux vaporisateurs portables ou de table, elle s’applique également aux nails électroniques, qui sont des pièces en titane qui chauffent grâce à une résistance électrique et qui se connectent au bubbler afin de pouvoir dabber des concentrés de cannabis. Ces appareils offrent donc également un contrôle total de la température du clou en titane sur lequel est déposé la résine.

Les clous électroniques permettent également d’ajuster la température.

Les clous électroniques permettent également d’ajuster la température.

Cannabinoïdes, terpènes, flavonoïdes et point d’ébullition

Comme nous le savons, les têtes de cannabis et leurs extractions sont composées de nombreux éléments, principalement des cannabinoïdes, des terpènes et des flavonoïdes, mais également une quantité réduite de substances toxiques vaporisées si l’on atteint leur point d’ébullition. Tous ces composants présentent différents points de fusion et d’ébullition, il est donc possible que certains d’entre eux ne se vaporisent pas complètement – ou pas du tout – en vaporisant avec des températures particulièrement basses.

Le point de fusion est la température à laquelle une substance peut passer de l’état solide à l’état liquide, alors que le point d’ébullition est la température nécessaire pour que cette substance passe de l’état liquide à l’état gazeux. Cela signifie donc qu’il s’agit de la température à laquelle chaque substance peut être vaporisée pour que nous puissions l’inhaler. De cette façon, nous pouvons avoir un certain contrôle sur les composés vaporisés en fonction de la température choisie. C’est pour cette raison que le contrôle des températures est très important sur les vaporisateurs de cannabis, il s’agit d’un outil qui doit fonctionner à la perfection afin de pouvoir disposer d’un contrôle réel sur les composés que nous souhaitons inhaler, spécialement si nous les consommons pour des raisons thérapeutiques.

Voici une liste des cannabinoïdes, des terpènes et des flavonoïdes les plus importants présents dans la plante de cannabis avec leurs points d’ébullition et principales propriétés thérapeutiques, vous pourrez ainsi vous faire une idée claire des composés vaporisés en fonction des températures. Vous aurez également les principales substances toxiques produites, avec bien sûr leurs points d’ébullition correspondant :

cannabinoïdes :

  • Delta-9-tetrahidrocannabinol, Δ-9-THC : Point d’ébullition : 157ºC (317ºF). Propriétés analgésiques, antiémétiques, antioxydantes, anti-inflammatoires et euphorisantes. Formule : C 21 H30 O2
  • Cannabidiol, CBD : Point d’ébullition : 160-180ºC (320-356ºF). Propriétés anxiolytiques, analgésiques, anti-inflammatoires, antipsychotiques, antioxydantes et antispasmodiques. Formule : C21 H30 O2
  • Cannabigerol, CBG : Point d’ébullition : 52ºC (126ºC). Propriétés antibiotiques et sédatives. Formules : C21 H26 O2
  • Cannabichromene, CBC : Point d’ébullition : 220ºC (428ºF). Propriétés anti-inflammatoires, antifongiques et antibiotiques. Formule : C21 H30 O2
  • Tétrahydrocannabivarine, THCV : Point d’ébullition : 220ºC (428ºF). Propriétés analgésiques et euphorisantes. Formule : C19 H26 O2
  • Delta-8-tetrahydrocannabinol, Δ-8-THC : Point d’ébullition : 175ºC-178ºC (347-352ºF). Propriétés antiémétiques semblables au THC, plus stable mais moins psychoactif que ce dernier. Formule : C21 H30 O2.
Cannabinoïdes et leurs applications thérapeutiques (Source Cannabisconsciente.com)

Cannabinoïdes et leurs applications thérapeutiques (Source Cannabisconsciente.com)

Terpènes :

  • α -Terpineol : point d’ébullition : 217-218º (422-424ºF). Propriétés sédatives, antibiotiques, antioxydantes, antipaludiques, inhibiteur d’acétylcholinestérase. Formule : C10 H18 O
  • Borneol : Point d’ébullition : 210ºC (410ºF). Propriétés antibiotiques. Formule : C10 H18 O
  • Linalool : Point d’ébullition : 198ºC (388ºF). Propriétés sédatives, antidépressives et anxiolytiques. Renforce le système immunitaire. Formule : C10 H18 O
  • P-Cimene : Point d’ébullition : 177ºC (350ºF). Propriétés antibiotiques et antifongiques. Inhibiteur d’acétylcholinestérase. Formule : C10 H14
  • D-limonene : Point d’ébullition : 177ºC (350ºF). Propriétés antidépressives, anti-mutagènes. Renforce le système immunitaire. Formule : C10 H16
  • Eucaliptol (1,8-cineol) : Point d’ébullition : 176ºC (348ºF). Propriétés stimulantes, antibiotiques, antivirales, anti-inflammatoires et antinociceptives. Inhibiteur d’acétylcholinestérase, augmente le flux sanguin cérébral. Formule : C10 H18 0
  • Δ-3-Carene : Point d’ébullition : 168ºC (334ºF). Propriétés anti-inflammatoires. Formule : C10 H16
  • β-Mircene : Point d’ébullition : 166-168ºC (330-334ºF). Propriétés analgésiques, anti-inflammatoires, antibiotiques et anti-mutagènes. Formule : C10 H16
  • α-Pinene : Point d’ébullition : 156ºC (312ºF). Propriétés  anti-inflammatoires, stimulantes, bronchodilatatrices, antibiotiques, anti-néoplasiques. Inhibiteur d’acétylcholinestérase. Formule : C10 H16
  • β-Cariofilene : Point d’ébullition : 119ºC (246ºF). Propriétés anti-inflammatoires, antipaludiques. Protège la muqueuse gastrique. Formule : C15 H24
  • Pulegone : Point d’ébullition : 224ºC (435ºF). Propriétés sédatives et antipyrétiques. Inhibiteur d’acétylcholinestérase. Formule : C10 H16 O
  • Terpineol-4-ol : Point d’ébullition : 209ºC (408ºF). Propriétés antibiotiques, inhibiteur d’acétylcholinestérase. Formule : C10 H18 O
 Certains des terpènes du cannabis

Certains des terpènes du cannabis

Flavonoïdes :

  • Quercetine : Point d’ébullition : 250ºC (482ºF). Propriétés antioxydantes, anti-mutagènes, antivirales et anti-néoplasiques. Formule : C15 H10 O7
  • Cannaflavine A : Point d’ébullition : 182ºC (359ºF). Propriétés inhibitrices de la cyclo-oxygénase et de la 5-lipoxygénase. Formule : C21 H20 O6
  • Apigenine : Point d’ébullition : 178ºC (352ºF). Propriétés anxiolytiques, anti-inflammatoires et estrogènes. Formule : C15 H10 O5
  • β-Sitosterol : Point d’ébullition : 134ºC (273ºF). Propriétés anti-inflammatoires, inhibiteur de la 5-alpha réductase. Formule : C15 H10 O5

Toxines :

  • Toluène : Point d’ébullition : 110.6ºC (231ºF). Peut causer des somnolences, la perte d’appétit, des nausées et quelques vertiges. Il est beaucoup moins toxique que le benzène. Formule : C6 H5 – C H3
  • Benzène : Point d’ébullition : 200ºC (392ºF). Il s’agit d’une substance cancérigène. Formule : C6 H6
  • Naphtalène : Point d’ébullition : 218ºC (424ºF). Peut causer de l’insomnie, des pertes d’appétit, des nausées, une certaine pâleur et de légers vertiges. Il est possible qu’il s’agisse d’une substance cancérigène. Formule : C10 H8
  • Monoxyde de carbone (CO) : Point d’ébullition : 230ºC (446ºF), c’est-à-dire, au point de combustion. Il s’agit d’une substance cancérigène.

Points importants de la vaporisation du cannabis

Si nous souhaitons profiter au maximum de notre vaporisateur et profiter des propriétés des substances contenues dans le cannabis, nous devons utiliser de la matière végétale de première qualité. Nous pouvons utiliser un grinder pour obtenir une vaporisation plus homogène et plus efficace, même si nous devons prendre en compte également le niveau d’humidité de la matière végétale.

Normalement, si l’herbe est très sèche il est possible d’utiliser des températures inférieures, alors que si elle est trop humide les cannabinoïdes risquent de ne pas être vaporisés correctement. Les utilisateurs avancés réalisent donc une première chauffe du matériel à 138-148ºC, ce qui permet de vaporiser uniquement les flavonoïdes pendant que la matière végétale sèche fortement. Il est ensuite possible de la réchauffer à une température plus importante pour vaporiser tous les cannabinoïdes et terpènes (qui ont, comme nous l’avons vu, un point d’ébullition plus important), avec une texture plus adaptée pour une vaporisation uniforme et efficace.

Le cannabis contient une grande quantité de composants.

Le cannabis contient une grande quantité de composants.

De nombreux utilisateurs vaporisent des variétés de cannabis à dominance Sativa durant la journée afin d’obtenir un effet stimulant et cérébral. Ceux qui sont conscients des différentes températures d’ébullition des cannabinoïdes savent qu’en vaporisant à des températures moindres (plus ou moins 155-160ºC) il est possible d’évaporer le THC, mais pas les autres composants aux propriétés sédatives et relaxantes, l’effet obtenu est donc plus propre et plus énergisant.

Par contre, ceux qui consomment pour se détendre (en général le soir) préfèrent les variétés à dominance Indica, qui possèdent des effets plus narcotiques et sédatifs que le Cannabis Sativa. Pour renforcer encore plus les caractéristiques du Cannabis Indica, ces utilisateurs augmentent la température de vaporisation (jusqu’à 205-210ºC) pour s’assurer que les composants aux propriétés relaxantes soient également libérés.

Même si cette liste peut être très utile au moment de choisir la température de vaporisation la plus adaptée, il faut rappeler qu’il existe différents facteurs qui peuvent faire varier légèrement les températures d’ébullition. Pour commencer, ces températures sont prises avec une pression déterminée, ce ne sera donc pas la même chose de vaporiser au niveau de la mer qu’à 4 000 mètre d’altitude. Un autre aspect important à prendre en compte, est la précision de l’élément chauffant du vaporisateur ou du clou électronique utilisé. Ces appareils (comme n’importe quel instrument de mesure) possèdent une marge de précision, autrement dit, ils présentent toujours une petite marge d’erreur de quelques décimales de degrés (pour les appareils de qualités) ou de quelques degrés (pour les appareils de gammes inférieures). Logiquement, plus la marge d’erreur est faible, plus nous serons précis.

Le contrôle des températures du vaporisateur doit être précis.

Le contrôle des températures du vaporisateur doit être précis.

Il faut rappeler qu’avec des températures supérieures à 200ºC des traces de benzène se libèrent, une substance cancérigène que de nombreux utilisateurs préfèrent éviter en vaporisant avec des températures inférieures. A partir de cette température la matière végétale peut commencer à brûler, ce qui dépend en grande partie de son taux d’humidité interne. A 230ºC nous pouvons parler de combustion, les tissus végétaux brûlent et libèrent les substances toxiques que nous avons vu : toluène, benzène, naphtalène, monoxyde de carbones, sans oublier les goudrons.

Nous espérons que cet article vous aidera à abandonner la combustion, que ce soit avec l’utilisation de pipes, de bongs, etc, et que vous pourrez tirer le meilleur parti de votre vaporisateur afin de bénéficier des propriétés thérapeutiques des cannabinoïdes, terpènes et autres flavonoïdes sans les risques pour la santé induits par la combustion.

10 avril 2017 | Dictionnaire du cannabis
4 commentaires


4 comments on “Températures de vaporisation du cannabis

  1. Nicolas

    On m’a dit de venir poster ma question sur le blog, ne sachant pas où précisément, je le fais sur un article en rapport avec la vaporisation 😉

    Bonjour,

    Client régulier depuis plusieurs années, je suis passé à la vaporisation depuis plus d’un an et je veux m’inspirer de votre expérience pour savoir quelles variétés choisir pour ma prochaine session pour que je l’apprécie pleinement au volcano.

    En effet après une phase d’adaptation je profite bien de la dégustation au volcano mais pas forcément avec toutes les variétés. Par exemple les diesel et ogkush je les apprécie moyennement alors qu’en joint mélangé à du tabac c’est tout simplement mes préférées! Je sors de 2 sessions de sour ripper rien à dire sur la qualité et la quantité mais je ne régale pas au vapo. À l’inverse la Skunk basique d’un ami ou la Shiva Skunk que je viens de faire sont délicieuses.

    Je pense que le côté fruité-sucre ressort mieux en vapo, êtes vous d’accord ou je n’ai pas assez gouté de variétés pour me prononcer?

    Je cherche désespérément un goût de cerise fruité mais malheureusement je ne peux essayer du TGA car je produits chez un ami donc je n’ai pas le temps a consacrer à des PM :-(. J’y viendrai quand je pourrai le faire à domicile.

    Pouvez vous donc svp me dresser une liste de 5-10 variétés féminisées qui sont exceptionnelles au vapo. Si vous en connaissez au goût de cerise c’est encore mieux. Pour info je suis en pleine floraison de black bomb car vous la décrivez comme meilleure au vapo et celles que j’ai préféré au vapo pour l’instant sont très loin devant la blue cheese (très addictive au goût) et naranchup m’avait aussi marqué. Je comptais partir sur la blue dream, est ce un bon choix? Et je veux en faire 2-3 différentes.

    Merci d’avance et désolé pour le pavé.

    1. Jerome Alchimia Auteur

      Bonjour Nicolas,

      Il faudra s’orienter effectivement vers des variétés au gout très marqué, comme lorsque que l’on réalise des extractions on se rend rapidement compte que certaines variétés possédent un petit plus au niveau des terpènes qui fait toute la différence. La Shoreline de Devil’s Harvest est un très bon exemple, vous pouvez également vous orienter vers une génétique de type Tangie comme la Kosher Tangie ou la Sour tangie, l’Acid Dough de Ripper Seeds ou encore la Harybo de R-Kiem Seeds. N’hésitez pas à cultiver des régulières en intérieur même si vous n’effectuez pas de pied mère, vous pouvez très bien mélanger des feminiées et des règulières dans une même armoire pour compenser la perte des mâles.

      A bientôt

  2. Soso

    Bonjour je suis en fin de séchage à 11j la beuh sentait très forte en tente de cultuer et la sa set l herbe pourtant elles sentaient très forte merci de M aider.

    1. Jerome Alchimia Auteur

      Bonjour Soso,

      Il est normal que l’odeur ne soit pas aussi marqué que durant la floraison. Durant le séchage l’herbe prend une odeur légèrement désagrèable, une fois le curring (mise en pot) effectué les odeurs redeviendront plus agréables.

      A bientôt

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