L’histoire des extractions de cannabis selon David Gold

Cet article fut publié en Anglais sur le site Skunk Pharm Research, une des meilleures références dans le monde des extractions de cannabinoïdes. Un grand merci à Gray Wolf (l’administrateur du site) ainsi qu’à David Gold (l’auteur de l’article) pour nous avoir autorisé à le traduire et à le publier sur notre blog !

La teinture de cannabis, un ancien médicament

« Graywolf m’a demandé d’écrire un article décrivant l’évolution des technologies d’extraction du cannabis, telle que j’en ai été témoin. J’ai passé une longue partie de ma vie à étudier cette technologie ; j’ai écrit le livre Cannabis Alchemy en 1971. Ce livre se basait sur le travail que j’avais réalisé à la fin des années 60 à San Francisco.

San Francisco dans les années 60... un endroit et une époque que beaucoup auraient souhaité connaître !

San Francisco dans les années 60… un endroit et une époque que beaucoup auraient souhaité connaître !

Les extractions de cannabis existaient déjà depuis au moins un siècle avant cette période. La teinture de cannabis était l’un des remèdes les plus courants que les docteurs de l’ancienne époque transportaient dans leur sac de médicaments lorsqu’ils rendaient visite à leurs patients en voiture tractée par des chevaux. Ils l’utilisaient pour presque autant de maladies et de symptômes qu’il est possible de traiter actuellement avec le cannabis.

Bien que je ne connaisse personne qui ait pu en essayer à cette époque, de nombreuses personnes du quartier de Haight-Ashbury (San Francisco) connaissaient la teinture de cannabis. Il existait même un T-shirt avec l’image d’une bouteille de teinture de cannabis de l’ancien temps.

Je suis entré dans la chimie du cannabis par hasard. J’ai eu la chance d’acheter un laboratoire à un gars qui vivait à Topanga Canyon (dans la région de Los Angeles) et qui essayait de créer ce qu’il appelait la « pierre philosophale ». Il n’en demandait que 300$ (ce qui était tout de même une somme à l’époque). Il se composait d’une pompe à vide, d’un transformateur électrique, d’un très bon évaporateur rotatif, et d’un bel assortiment de filtres en verre. Je ne savais pas encore ce que j’allais faire avec, mais je savais que je devais l’avoir, et j’étais certain que j’allais pouvoir faire de super choses avec.

Je l’ai emballé et envoyé chez moi à San Francisco par autocar, et tout fut bientôt installé dans un appartement d’Haight-Ashbury. Mais je n’avais rien pour jouer avec. Un ami, qui était, disons, un « associé » des Grateful Dead, allait m’aider en me procurant diverses substances dont j’avais prévu de faire bon usage, j’avais du stock pour un bon moment. À cette époque, personne n’avait pensé à faire quoique ce soit avec le cannabis à part le fumer, faire du thé avec les tiges restantes, ou occasionnellement le manger.

Les Grateful Dead, groupe mythique de cette époque

Les Grateful Dead, groupe mythique de cette époque

La communauté de fumeurs de San Francisco venait à peine d’apprendre à différencier les feuilles et les fleurs. Cela s’est produit lorsque des fermiers du Mexique ont découvert que des têtes non compressées et bien traitées pouvait rapporter 250$ par livre (environ 450g), à l’époque où un kilo d’herbe mexicaine compressée se vendait environ 80$ sur Haight Street, quelle que soit sa qualité.

Les premières huiles d’herbe et de hash

Je mourrais donc d’envie d’utiliser mon laboratoire, quand je me suis rendu compte que j’avais au moins un kilo d’herbe compressée quelque part dans le placard, et qu’il y avait une boutique de spiritueux dans le quartier d’Haight & Cole. Je savais que la teinture était réalisée simplement en faisant tremper de l’herbe dans de l’alcool alimentaire jusqu’à ce que toutes les bonnes choses soient dissoutes dans l’alcool. L’herbe est alors filtrée du mélange et l’alcool clarifié (qui contient les bonnes choses) est mis en bouteille en tant que médicament.

J’aimais beaucoup l’évaporateur rotatif, pour en avoir vu fonctionner quand des amis fabriquaient d’autres substances exotiques, et je me demandais ce qu’on obtiendrait en y faisant passer de la teinture de cannabis. Je n’ai pas mis beaucoup de temps à l’imaginer, et c’est en fumant que je me suis rendu à la boutique, où j’ai acheté de la Smirnoff 101 que j’ai ramené à l’appartement. Le kilo fut rapidement mis à tremper dans un gros ballon à fond rond rempli de vodka.

Ce qui se passait devenait évident pendant que je regardais l’alcool devenir vert. Je l’ai laissé reposer pendant un moment, observant anxieusement l’alcool devenir de plus en plus sombre, réalisant que les bons éléments se dissolvaient lentement dedans. J’ai filtré et passé cette teinture dans l’évaporateur rotatif, ce qui donna pour résultat une huile visqueuse, d’un vert obscur.

Mais je ne savais pas du tout quoi faire avec. L’herbe et le hash étaient les seules choses fumées à cette époque, et de nombreuses technologies que nous avons pour fumer aujourd’hui, appartenaient encore au futur. J’ai alors trempé du coton dans l’huile, et je l’ai fumé dans une pipe. C’était plutôt mauvais, mais pour l’époque, nouveau, puissant, et inédit.

Il ne fallut pas beaucoup de temps pour que l’on découvre que fumer des dabs sur du papier d’aluminium avec une allumette et une paille produisait un type d’effet différent. Les cannabinoïdes étaient vaporisés, tout comme avec le dabbing moderne ! Mais ne fumez jamais quoi que ce soit sur du papier d’aluminium, même si vous le chauffez d’abord avec une flamme jusqu’à ce qu’il « change ». La recherche menée sur les toxicomanes qui utilisent du papier d’aluminium pour fumer montre de nombreux effets négatifs de cette pratique, et je crois que la maladie de Parkinson est l’un d’entre eux.

Juste après ça, j’ai pu mettre la main sur un puissant haschisch Afghan, et j’ai recommencé : l’huile de hash. C’était la première fois que je pouvais en tester, je n’en avais même jamais entendu parler. Ça a tourné parmi de nombreuses personnes au sein de la baie, et bientôt, la contre-culture avait un nouveau jouet.

Le premier produit que l’on rencontra peu de temps après était de l’huile mexicaine mélangée avec de l’herbe en poudre. Ça contenait environ 2 parts d’huile pour une part d’herbe, et c’était sous forme d’une capsule d’un gramme, accompagnée d’une minuscule pipe en verre à usage unique. C’était appelé « The One » et ça se trouvait partout dans San Francisco et dans le comté de Marin pendant quelques mois.

De nombreuses autres huiles sont bientôt arrivées sur le marché, et les fabricants de matériel ont suivi, en proposant des pipes en verre pour vaporiser l’huile. Ça permettait de fumer comme avec le papier d’aluminium pendant les trois premières utilisations, mais il fallait ensuite la nettoyer entre chaque usage sinon ça provoquait une toux si violente que c’est un miracle si les poumons de personne ne sont jamais ressortis pour atterrir sur la table. Hourra pour les appareils et technologies modernes de vaporisation !

Le Centre médical de l’Université de Californie à San Francisco est situé sur une colline qui se trouve à environ un kilomètre et demi au sud-ouest d’Haight-Ashbury. Il possédait une belle bibliothèque médicale, et à cette époque où n’existait pas internet, les bibliothèques scientifiques représentaient l’unique source de connaissances.

L’isomérisation du CBD en THC

J’ai passé du temps là-bas à la fin des années 60, probablement en 68 ou 69, à lire les expériences menées par le Dr Roger Adams en 1947, l’année de ma naissance, et je suis tombé sur un procédé qu’il utilisait sur des extractions à partir de gros morceaux de haschisch saisi. Ce hash possédait beaucoup plus de CBD que de THC, et il expérimentait l’isomérisation avec l’acide sulfurique, pour convertir le CBD en THC.

Le résultat final de l’expérience était que le taux de THC de l’huile était multiplié au moins par 6 suite au procédé d’isomérisation. J’ai lu l’expérience plusieurs fois avec étonnement, et j’ai dû me retenir de ne pas crier « Eureka! » dans la bibliothèque, réalisant que je venais juste de découvrir quelque chose qui, en tout cas pour cet exemple, multipliait par 6 le taux du THC du cannabis.

Au niveau chimique, le CBD peut être transformé facilement en THC

Au niveau chimique, le CBD peut être transformé facilement en THC

J’ai passé les 6 mois suivants à travailler sur tous les différents types de cannabis que San Francisco pouvait offrir, et j’ai constaté que la plupart du cannabis Mexicain, ainsi que le hash asiatique qui tournait à cette époque, contenait des quantités significatives de Cannabidiol (CBD), ce qui entraînait une augmentation spectaculaire de la puissance après isomérisation.

L’herbe qui était proposée sous forme de briques commerciales, appelée Mexicaine « regular » (80$ le kilo sur Haight Street), pouvait voir sa puissance augmentée jusqu’à dépasser celle de l’herbe Mexicaine « superweed » (250$ la livre), alors que cette dernière n’était pas compressée, avec de grosses têtes de cannabis qui avaient reçu de l’amour et de l’attention de la part des cultivateurs… même si au niveau du poids, elles contenaient encore environ 50% de graines. Néanmoins, lorsqu’une variété de superweed réagissait favorablement au processus d’isomérisation, les résultats étaient alors incroyables.

Nous entendions des rumeurs d’une chose légendaire que les cultivateurs Mexicains fumaient eux-mêmes, qui ne contenait pas de graines, et qui était appelé « sinsemilia », un terme légendaire et magique dont de nombreux fumeurs ont entendu parler bien longtemps avant d’avoir la chance de l’essayer.

L’écriture du livre Cannabis Alchemy

J’ai ensuite rencontré ce type, Djanandruman Baba, qui publiait une série de brochures de contre-culture, vendues dans les headshops. Son nom de plume était Mary Jane Superweed et il proposait des livres tels que le Supergrass Grower’s Guide, le Drug Manufacture for Fun and Profit, et quelques autres titres bien choisis. Je lui ai demandé une fois combien de livres il avait vendu au total, et il m’a répondu environ 200 000. Ça m’a pris environ 10 secondes pour me décider à écrire un livre sur mes recherches.

Un autre événement de cette époque m’a poussé à vraiment envisager de changer mon mode de fonctionnement de chimiste underground à écrivain et éditeur. Un vieux copain scientifique fut abattu par les agents fédéraux dans son laboratoire du comté d’Humboldt. Il est considéré comme étant la première victime de la guerre contre les drogues ; son histoire a fait la couverture de plusieurs numéros de Rolling Stone.

Le dernier événement qui m’a mené à écrire Cannabis Alchemy fut l’explosion d’un laboratoire qui m’a envoyé à l’hôpital pendant plusieurs mois. Un ami était en train de distiller de l’éther de pétrole et en a fait exploser environ 1 litre dans l’air. Je dormais dans la pièce à coté et je suis allé voir dans celle où il travaillait, après qu’il m’ait réveillé en hurlant. Je marchais dans la pièce, et tout d’un coup « Whooooosh… boom ! ».

Cannabis Alchemy, livre écrit par D.Gold en 1971

Cannabis Alchemy, livre écrit par D.Gold en 1971

Ça a explosé toutes les fenêtres d’un grand appartement Victorien, et les portes sont sorties de leurs gonds. J’étais à l’épicentre, il n’y a donc pas eu de commotion cérébrale, j’ai juste été complètement brûlé. J’ai avancé dans les flammes pour en retirer un bidon de 20L d’éther de pétrole. Je pense avoir bien fait, sinon ça aurait pu raser tout le quartier d’Haight Ashbury.

J’ai commencé à décrire les méthodes de sécurité qui sont dans le livre pendant que j’étais à l’hôpital pour quelques mois. Les méthodes du livres sont conçues pour apporter à l’opérateur le plus haut niveau de sécurité possible. Je ne voulais pas que quelqu’un subisse la même chose que moi.

J’ai donc écrit le livre et créé une société d’édition. La première édition était appelée « Cannabis Alchemy – The Art of Modern Hashmaking : Preparation of Extremely Potent Cannabis Products ». Il fut disponible en 1972. C’était le premier livre sérieux sur la science du cannabis, publié depuis le point de vue d’un consommateur.

La société d’édition Level Press fut lancée avec plusieurs amis, et nous avons publié peu de temps après un certain nombre de livres similaires. Parmi eux se trouvait la première édition du guide de culture d’Ed Rosenthal, ainsi qu’une série de manuels pratiques avec High Times, et plusieurs autres écrits par Dr Leary.

Le miel d’huile Afghane de la Fraternité de l’Amour Éternel

En même temps que la sortie du livre, une vague de miel d’huile Afghane a touché San Francisco. Fabriqué en Afghanistan à partir de charas frais, et purifié par distillation fractionnée, ce produit merveilleux était selon moi la préparation de cannabis la plus puissante qu’il était possible de fumer dans le monde à cette époque. Ça contenait probablement environ 80% de cannabinoïdes ou même davantage, mais ça ne ressemblait pas aux huiles qui sont disponibles aujourd’hui.

Ça avait toute l’ivresse du THC à laquelle on pouvait s’attendre, mais accompagnée de la puissance assommante et narcotique typiquement afghane. Ça coûtait 50$ le gramme mais ça en valait bien chaque centime pour tous ceux qui ont pu goûter ce délice qui en mettait plein les poumons. Son goût âcre indiquait qu’il était probablement isomérisé, mais je ne pense pas qu’il était acétylé.

De nombreuses personnes attribuent son import à la Fraternité de l’Amour Éternel de Laguna Beach, un courageux groupe de surfeurs ! Pendant la dizaine d’années qui suivirent, de nombreux produits d’extractions différents furent disponibles en Californie. Mais le miel d’huile original de la Fraternité restait la norme, et très peu d’offres approchaient son intensité et sa qualité.

La Fraternité de l'amour éternel était spécialisée dans la vente de cannabis et de LSD

La Fraternité de l’amour éternel était spécialisée dans la vente de cannabis et de LSD

Un produit intéressant que j’aimais beaucoup à la fin des années 60, se présentait sous forme de paquets de 20 pétards déjà roulés, appelés « Bay Area Bombers ». Ils portaient le nom de l’équipe locale de roller-derby, et se composaient de plusieurs variétés de cannabis mélangées avec de gros morceaux de hash, puis trempées dans de la teinture et séchées. Les pétards étaient roulés à la machine, disposaient d’un filtre, et les paquets semblaient aussi professionnels que ceux de Marlboro.

Leur client principal était les Jefferson Airplane, qui les fumaient aussi vite qu’on pouvait leur en fabriquer. Ces « Bombers » étaient considérés par beaucoup comme étant la meilleure chose à fumer à l’époque…  au moins jusqu’à ce que les Thaï Sticks firent leur entrée en Amérique. On m’a dit récemment que le Musée du Hash d’Amsterdam en possède un paquet qui fut présenté une fois, et qui l’est peut être encore aujourd’hui.

La nourriture enrichie en cannabinoïdes, et la Panama Red

Les édibles (aliments au cannabis) sont apparus à cette époque. De nombreuses personnes fabriquaient des barres de chocolat et des cookies au beurre, ainsi que quelques capsules d’huile ici ou là. La teinture était disponible, de même que de petites bouteilles de bhang traditionnel, fabriqué comme au Népal.

Mon édible favori de cette époque du Summer of Love était un milkshake qui était devenu un rituel pour un certain nombre de personnes qui l’ont connu. Ça commençait avec quelques dizaines de grammes d’une herbe parfois mauvaise, parfois bonne, vendue entre 5 et 10$ sur Haight Street. Un pote avait son amie qui travaillait dans la boutique de beignets au Sud Ouest du parc du Golden Gate sur Stanyan Street, un endroit renommé pour ses milkshakes. On retirait les graines et on lui donnait l’herbe pour qu’elle l’ajoute dans le milk-shake. C’était très puissant, même selon les normes d’Haight-Ashbury.

L’économie du cannabis a changé drastiquement peu après l’été 1967. L’herbe Mexicaine compressée « regular »,  qui était vendue à 80$ le kilo en 1966, se vendait maintenant jusqu’à 100$ la livre, et les têtes de cannabis Mexicain « superweed » de grande qualité, sélectionnées manuellement, étaient proposées pour environ 250$ la livre, même si la moitié du poids se composait de graines.

La Panama Red était disponible une fois par an, et la ville entière s’arrêtait pendant une ou deux semaines, ou était au moins considérablement ralentie. Ce cannabis contenait aussi une moitié de graines, et coûtait environ 250$ la livre. Alors que l’herbe de Panama n’apparaissait qu’occasionnellement, San Francisco était inondé de très bonnes têtes de cannabis rouge ou doré en provenance de Colombie.

Échantillons de cannabis de cette époque : Mexican Oaxacan, Columbian Gold et Panama Red. (source : 420magazine.com)

Échantillons de cannabis de cette époque : Mexican Oaxacan, Columbian Gold et Panama Red. (source : 420magazine.com)

Un gars appelé Bruce Perlowin a raconté comment il organisait une grande partie de la flotte de pêche de la baie de Bogota pour descendre en Colombie et remonter l’herbe. Il avait même acheté une jetée, qui est juste derrière le pont Richmond-San Rafael, pour décharger les ballots dans ses camions.

Le succès des Thaï Sticks et de l’herbe sans graines

L’herbe de Colombie était la reine à San Francisco, jusqu’à ce que les premiers Thaï Sticks atteignent le continent. Une once (environ 28g) de bonne Colombienne se vendait pour 50$. Une once de Thaï se vendait pour 200$, établissant une nouvelle augmentation du prix du cannabis.

La Thaï fut aussi la première variété de cannabis sans graines que la plupart des fumeurs de San Francisco ont pu expérimenté. Elle a donné le ton pour les variétés de cannabis sinsemilia bientôt créées dans les comtés d’Humbolt et de Mendo, qui changèrent radicalement tant d’aspects de la scène du cannabis.

L’herbe Thaï a largement participé à l’immense industrie actuelle du triangle d’émeraude. Avant la Thaï, il y avait peu d’incitation à cultiver de l’herbe, et le cannabis importé n’était vraiment pas cher. Les gens écrivaient même des chansons de rock qui disaient de ne pas cultiver d’herbe. Les paroles étaient du genre « Tu sais que c’est bien connu… il ne faut pas fumer de locale. »

Une fois la Thaï établie comme nouveau standard du meilleur produit du marché à 200$ l’once, elle fut bientôt suivie par l’herbe Hawaïenne au même prix, et peu de temps après, des gens dans les bois ont découvert que ces graines qu’ils gardaient depuis tant d’années pouvaient produire un incroyable cannabis si on les cultivait avec les bons engrais, de l’amour, et du soin. Lorsque le monde du cannabis a découvert qu’une seule plante pouvait rapporter 10 000$ ou davantage, une toute nouvelle industrie, ainsi qu’un style de vie, venait de voir le jour dans les collines du Nord.

Les Thaï Sticks étaient fabriqués avec une technique particulière

Les Thaï Sticks étaient fabriqués avec une technique particulière

Je me souviens de la première fois que j’ai vu du cannabis à vendre pour 50$ le 1/8 d’once (environ 3,5g), c’était autour de 1978 dans le nord d’Hollywood. C’était ce gars appelé Jack qui a une super variété Sativa qui porte son nom, et qui s’est rendu célèbre en vantant les bienfaits des fibres de la plante….

L’extraction de résine à sec ou à l’eau glacée

Le hash domestique traditionnel fut créé à cette époque. J’ai décrit le tamisage des têtes de trichomes à partir de fleurs séchées dans le livre Cannabis Alchemy, et Ed Rosenthal fit la première mention du hash extrait à l’eau dans un de ses premiers livres décrivant « le secret de Sensi Sam ».

Sensi Sam (aka Sadhu Sam, aka Sam Skunkman, de son vrai nom David Watson), est le gars qui a ramené sa super collection de graines de Californie en Hollande et qui les a vendu à Nevil pour 1$ l’unité. Nevil a lancé la première entreprise de vente de graines et a fait fortune avec ces variétés, en revendant les graines de la génération suivante en Amérique. Revenons au secret de Sam : hacher de l’herbe résineuse et la mettre dans l’eau glacée. La matière végétale flotte mais la résine coule. Et voilà! de l’ice-o-lator.

En 1977, j’ai conçu et mis sur le marché une machine appelée « The Isomerizer ». Elle permettait de fabriquer des huiles, d’isomériser le CBD en THC, de faire des concentrés de hash, etc. J’ai lancé une usine à El Segundo (près de Los Angeles) qui fabriqua environ 1000 appareils de première version, suivis par environ 20 000 unités d’un modèle amélioré, appelé « Iso-2 ».

On les vendait à travers High Times, dans les boutiques de matériel de fumeur, et dans les magasins de disques. La police fédérale nous a poursuivi pour nous arrêter après deux années car nous ne cachions pas ce à quoi c’était destiné. La machine était brevetée en tant qu’Isomerizer, un intensificateur et purificateur de cannabis à usage personnel, pour éliminer les goudrons et la nicotine, fabriquer des parfums, de l’encens ou des huiles essentielles.

Anciennes publicités pour l'appareil d'extraction Iso-2

Anciennes publicités pour l’appareil d’extraction Iso-2

Les nouvelles variétés hybrides de cannabis

Je n’ai pas vu beaucoup de nouveaux progrès dans le monde scientifique du cannabis dans les années 80, au niveau de l’extraction et de la chimie.  Nous avons par contre pu observer de grandes avancées du coté de l’agriculture locale, les cultivateurs développant de nouvelles variétés en croisant des plantes Californiennes avec des génétiques importées de pays exotiques, pendant que d’autres inventaient et développaient des équipements et techniques pour la culture du cannabis en intérieur.

La science du cannabis a pris à cette époque un virage merveilleux lorsque, comme dit précédemment, Sensi Sam ramena ses meilleures graines de Californie pour les revendre à Nevil, qui créa une compagnie appelée « The Seed Bank ». Il vendait ses graines principalement via High Times, au grand agacement des régulateurs américains. Le gouvernement Hollandais n’avait pas de lois contre les graines de cannabis, et refusait d’arrêter Nevil.

L’une des variétés de Nevil, la Skunk Nº1, remporta la toute première High Times Cannabis Cup d’Amsterdam (1988), et le monde du cannabis a pu découvrir les premières standardisations des meilleures variétés disponibles à l’époque, ancêtres des milliers de variétés disponibles actuellement sur le marché.

Peu après l’établissement des coffeeshops d’Amsterdam et des premières compagnies de graines hollandaises (la banque de graines de Nevil était en concurrence avec « The Super Sativa Seed Club »), de nouvelles technologies d’extraction commencèrent à être disponibles, notamment en provenance d’Amsterdam. De nombreux appareils différents furent commercialisés pour tamiser automatiquement le hash à partir des buds, et les premiers dispositifs et équipements pour faire du hash avec de l’eau glacée sont arrivés sur le marché.

Nevil sur la couverture du catalogue de graines de "The Seed Bank" (1987), ancêtre de The Sensi Seed Bank.

Nevil sur la couverture du catalogue de graines de « The Seed Bank » (1987), ancêtre de The Sensi Seed Bank.

La légalisation du cannabis médical en Californie

La prochaine étape importante dans le monde du cannabis, selon moi, fut lorsque Dennis Peron a ouvert le tout premier Club d’acheteurs de Cannabis à San Francisco, autour de 1990. Le SIDA venait d’être découvert environ 10 ans plus tôt, et faisait des ravages dans la communauté gay de San Francisco. Les médecins ne savaient pas du tout comment soigner la maladie ; aucun des médicaments utilisés couramment aujourd’hui pour sauver des vies n’avait encore été découvert ni développé.

Le bout du chemin pour de nombreux patients était le service de traitement avancé contre le SIDA de l’Hôpital Général de San Francisco. Lorsqu’un nouveau patient était admis dans le service, les docteurs savaient que le lit du patient serait vide environ 4 mois plus tard ; les patients à ce stade de la maladie décédaient très rapidement.

Tout d’un coup, les médecins furent perplexes. Les patients ont subitement cessé de mourir comme prévu, et certains des patients au stade le plus avancé ont même commencé à manger, à reprendre un peu de poids, et pouvaient marcher dans les couloirs.

Après une intense investigation, les docteurs ont trouvé ce qui était différent. Une vieille dame du comté de Marin, appelée « Brownie » Mary Rathbun, rapportait depuis quelques temps aux malades de puissants brownies au cannabis, et les patients avaient préféré ne rien dire aux médecins. Ce ne fut que lorsqu’ils leur ont mis la pression pour savoir ce qui avait changé, que les patients l’ont révélé aux docteurs.

Les médecins étaient stupéfaits, et se sont rendus à la mairie, qui désespérait de trouver un moyen d’endiguer cette épidémie. Les docteurs ont suggéré que les superviseurs fassent passer une loi permettant aux patients du SIDA d’utiliser du cannabis sous la recommandation d’un médecin. Dennis Peron s’est porté volontaire pour vendre le médicament aux patients autorisés.

"Brownie" Mary Jane Rathbun, qui apportait gratuitement des brownies au cannabis aux patients du SIDA hospitalisés.

« Brownie » Mary Jane Rathbun, qui apportait gratuitement des brownies au cannabis aux patients du SIDA hospitalisés.

Ce furent les humbles débuts du cannabis médical en Californie. Il faudra encore quelques années avant que la Proposition 215 légalise le cannabis pour tous les patients de l’État. Pendant ce temps, quatre ou cinq autres dispensaires se sont ouverts dans les comtés de San Francisco, Marin et Oakland.

Le Club de Dennis Peron est devenu le point de convergence du mouvement. Dennis a obtenu l’utilisation d’un immeuble commercial de cinq étages dans le centre ville, sur Market Street. L’immeuble fut rapidement plein. L’entrée au premier étage, les bureaux en mezzanine, et les étages supérieurs dédiés à la culture, à la vente, et à la consommation.

La Californie avait un gouverneur complètement abruti à l’époque, Pete Wilson (que les copains appelaient « Six Pack Pedro »). Son procureur général était encore pire, un parasite politique conservateur nommé Dan Lungren. Wilson et Lungren ont fait de nombreuses descentes dans le Cannabis Buyers Club de Dennis. Des cowboys qui arrêtaient des gens en train de mourir dans leur chaise roulante. C’était vraiment dégoûtant.

Dennis trouva un moyen inédit d’empêcher Lungren de l’arrêter à n’importe quelle occasion. Lungren se présentait au poste de Gouverneur. Dennis décida de se présenter contre lui et mena une campagne qui réunit 3% du total des votes de la Californie. Comme il était difficile pour Lungren d’arrêter son opposant politique, il ne l’a pas fait.

Dennis n’a pas gagné, mais heureusement, Lungren non plus. Dennis nous a néanmoins remporté l’une des plus grandes victoires de cette élection. Il était le meneur et l’organisateur de la proposition 215, qui a en 1996 légalisé le cannabis médical en Californie pour toute personne possédant une recommandation médicale.

Dennis a rouvert le Cannabis Buyers Club le 2 Janvier 1996. L’adhésion était maintenant ouverte à tous ceux possédant une ordonnance de leur médecin. J’étais dans la queue ce jour là. C’était un jour mémorable. Au cours de l’année suivante, différents produits d’extraction ont commencé à apparaître dans les dispensaires. L’environnement quasi légal était très propice à la progression de la technologie. Les extractions au butane (BHO) ont fait leur première apparition à cette époque.

Jack Herer et Dennis Peron

Jack Herer et Dennis Peron

Les nouveaux produits et nouvelles formes d’huile de cannabis

Plusieurs amis et moi avons ouvert le premier des nouveaux dispensaires légaux à San Francisco depuis le passage de la proposition 215, au milieu de l’année 1996. Le dispensaire était appelé « Dharma Producers Group », et se situait dans l’ancien bâtiment Warfield, au croisement de Sixth Street et Market Street.

J’ai eu l’occasion de tester une préparation que nous appelions « Dharmanol ». C’était une isomérisation de Delta-8-THC et nous la faisions essayer à des patients gravement malades, notamment atteints du SIDA. Les résultats étaient très encourageants. Personne ne rapportait d’ivresse particulière, mais beaucoup ont loué ses propriétés pour soulager la douleur. J’aimerais voir un bon test du Delta-8 en tant que traitement analgésique. (la forme de THC « classique » est Delta-9)

Après un peu plus d’un an au service des patients, nous furent poursuivis par les fédéraux et le club fut fermé. J’ai néanmoins plutôt bien accueilli ce changement, car il me permit de quitter la rigueur quotidienne du fonctionnement du dispensaire, et de retourner à produire des extractions pour Dennis tout en menant occasionnellement diverses recherches.

Plus les dispensaires étaient nombreux à ouvrir à San Francisco, plus les produits vendus au comptoir étaient différents. Le miel d’huile était disponible à nouveau, cette fois fabriqué à partir de cannabis moderne cultivé dans le comté d’Humboldt. C’était bon, et extrait au butane par un gars qui s’appelait lui-même « The King of Hash Oil », mais je ne pense pas que ça puisse être comparé avec la version originale fabriquée par la Fraternité de l’Amour Éternel 25 ans plus tôt.

Le cannabis médical a commencé à vraiment décoller peu après l’an 2000. De plus en plus de différents extraits, édibles, et teintures sont arrivés sur le marché, et il y eut bientôt assez de dispensaires en Californie pour que les gens commencent à former des entreprises afin de vendre des produits au cannabis au réseau de plus en plus grand de dispensaires.

L’une des premières « marques » qui fut disponible sur le marché était une ligne de bonbons au cannabis appelés « Tainted ». Ils étaient emballés professionnellement, assez puissants, et disponibles dans les dispensaires de Californie. La grande notoriété de l’entreprise a rapidement attiré l’attention des fédéraux, et son propriétaire fut bientôt jeté en prison.

Le développement de la culture du Dab

Les extractions au butane ont commencé à proliférer à cette époque. La première préparation que j’ai pu voir était appelée « earwax »(cérumen). C’était puissant et amusant à fumer, et le fait que ce soit semi-solide plutôt qu’en huile en faisait un nouveau produit inédit à fumer.

Shiva Crystals

Shiva Crystals

Peu après l’earwax, nous avons vu apparaître les « Shiva Crystals », le budder, et le shatter. Les procédés d’extraction, bien sûr, étaient très secrets, jusqu’à ce que la soif de renommée sur internet fut pour certains plus important que le désir de maintenir secret le processus. Ça prend souvent environ un mois avant qu’un secret soit dévoilé, et ça se fait toujours en créant des tensions avec des autres. Je préfère largement le libre partage d’informations, comme c’est le cas sur le blog de Skunk Pharm Research.

A coté des produits eux-mêmes, nous avons pu observer un saut quantique dans la technologie du fumeur. Quand j’ai commencé à utiliser du shatter, j’ai rencontré l’un des gars qui fournissait un certain nombre de dispensaires locaux avec un excellent produit. Quand il voyageait, il transportait une mallette rigide de taille moyenne partout où il allait. Elle contenait un gros bong en verre, un chalumeau, divers outils de dentiste, etc. Il m’a expliqué que pour profiter parfaitement du shatter, toutes ces choses étaient nécessaires. Heureusement, la technologie pour fumer et pour le dab a beaucoup évolué, et maintenant un petit bong avec un « nail » en titane et un élément chauffant électrique vous permettent de prendre un dab parfait de façon plus pratique.

En 2001, j’ai déménagé en Floride pendant quelques années pour travailler sur un projet d’aquaculture. C’était un changement intéressant. Le climat médical en Californie ressemblait à une pleine légalisation, tout le monde ayant accès à une myriade de nouvelles variétés et de produits inédits. La Floride, à l’opposé, était toujours un État où le cannabis est illégal, et je devais chaque fois acheter 1/8 d’once (3,5g) à un dealer local. Quelle régression !

Ce fut merveilleux de revenir en Californie. J’y suis retourné à peu près au moment où le Harborside, qui est désormais le plus grand dispensaire au monde, était en train d’ouvrir. J’y ai donné les cours « D. Gold Sunday Afternoon Grow Class » pendant de nombreuses années… avec de fréquents congés pour assister à différents projets. Bien que ce soit un de mes amis qui donne maintenant mes enseignements, je continue à organiser le programme et à faire cours de temps en temps.

Harborside, le plus grand dispensaire de cannabis au monde

Harborside, le plus grand dispensaire de cannabis au monde

La découverte des propriétés des cannabinoïdes contre le cancer

De retour en Californie, ma femme et moi avons commencé à fournir en huiles et en édibles plusieurs dispensaires, sans faire de profit. J’ai découvert le travail de Rick Simpson… avec une certaine dose de scepticisme… mais je n’étais pas bien informé des dernières recherches menées en Espagne, qui testent l’efficacité du cannabis pour agir directement contre le cancer, en tant que médicament anti-tumeur. Je savais qu’il possédait de merveilleuses propriétés palliatives, mais je ne savais pas qu’il était étudié en  tant que médicament contre le cancer, avec des résultats très prometteurs.

Puis un jour, un membre de ma famille est venu chez moi depuis la Floride. Il venait de recevoir deux cycles de chimiothérapie et de radiations pour un lymphome non-hodgkinien. La maladie était de retour, et les médecins lui ont dit qu’il avait besoin d’un autre cycle, sinon il allait bientôt mourir. Il avait choisi la seconde option.

Il ressemblait à un mort-vivant. Sa peau était jaune, ses yeux enfoncés, il paraissait vraiment très mal. Nous ne savions pas vraiment quoi faire alors nous avons commencé par étudier le cas Simpson. Il disait qu’avec un gramme d’huile de hash par jour, le cancer disparaissait souvent. Nous avons essayé, et en quelques jours sa peau était repassée de jaune à grise. Peu de temps après, il avait retrouvé une allure dynamique, et 5 semaines plus tard, il s’est fait contrôler son cancer à l’hôpital Alta Bates de Berkeley. Ils n’ont pas pu retrouver trace du cancer.

Bon, comme vous pouvez le deviner, nous furent vraiment surpris par cette découverte. Durant les premiers jours nous avons eu beaucoup du mal à assimiler cette information, alors nous avons commencé à mener des recherches avec beaucoup de vigueur.

Durant l’année suivante, nous avons écrit un livre de 300 pages intitulé : « Cannabis Chemotherapy – The Art and Science of Treating and Preventing Cancer with Concentrated Marijuana Medicine ». Le thème du livre était d’expliquer et de décrire basiquement les études les plus importantes, afin qu’un non-scientifique puisse facilement comprendre toute cette science. Ce livre est disponible ici en libre téléchargement.

L’extraction de la plante entière et l’effet de l’entourage

À cette époque, nous avons aussi commencé à fournir de l’huile et des capsules d’extraction de cannabis (à partir de la plante entière) à un certain nombre de dispensaires. Nous avions mis le livre sur CD, et nous en offrions une copie avec chaque gramme de médecine. Des milliers de copies ont ainsi circulé.

Nous avions créé cette initiative sous forme d’un programme de soutien et de soins palliatifs, à but non lucratif. L’énoncé de notre mission était simple et décrivait en grande partie le travail que nous réalisions à cette époque : nous fournissions du cannabis gratuitement à tous les patients Californiens touchés par le cancer qui nous en faisaient la demande, et qui n’étaient pas en capacité de payer cette médecine.

Utilisation de l'extracteur Iso-2

Utilisation de l’extracteur Iso-2

Ma chimie d’extraction a changé totalement d’orientation pendant cette période. Au lieu de fabriquer l’huile la plus pure et la plus puissante possible, avec le plus haut pourcentage possible de cannabinoïdes, nous avons constaté que ce qu’on appelle l’huile de la plante entière, contenant chacune des différentes substances qu’elle peut nous offrir, possède une potentiel de guérison bien plus élevé que les extraits raffinés.

Cela fut décrit comme étant l’effet d’entourage, et montre que tous les 421 éléments présents dans le cannabis (je pense qu’ils se sont trompés et qu’ils en ont compté un deux fois) semblent fonctionner ensemble pour davantage d’efficacité. Cela fut confirmé par le Dr Lester Grinspoon, formé à Harvard, qui consommait nos capsules régulièrement et constatait qu’il y avait quelque chose de « différent » avec elles.

Nous avons maintenu le programme de soutien et de soins palliatifs en activité pendant plus de 5 ans, en traitant de nombreux patients atteints par le cancer et d’autres maladies graves. Nous avons malheureusement dû fermer le programme cette année, lorsque l’État de Californie a interdit la fabrication d’extraits avec des solvants volatils.

Sécurité de l’extraction d’huile de cannabis

Il est facile de voir pourquoi l’État a pris cette mesure. Trop d’adeptes du BHO se faisaient exploser les fesses, incendiaient leur maison et déclenchaient des incendies de forêt dans le triangle d’émeraude. Le problème avec le butane est que n’importe quel idiot peut acheter 4 morceaux de tuyau de PVC au magasin de bricolage, une paire de bouteilles de butane pour recharger les briquets, et remplir facilement et rapidement son sous-sol ou son garage de vapeurs de butane…. qui exploseront dès que le chauffe-eau s’allumera.

Je pense que 90% du problème vient du fait qu’il est possible de faire une extraction relativement efficace avec des tubes ouverts. Si tous ceux qui le font de cette manière le faisaient en extérieur, sans qu’il n’y ait moyen que les vapeurs s’accumulent, et le plus loin possible de toute étincelle, il n’y aurait pas d’explosions de butane. Ou bien, si tout le monde utilisait un équipement fiable et suivait des protocoles standards de laboratoire, il n’y aurait pas de problèmes non plus.

Il me semble que le plus gros problème est de développer un sentiment de confiance et de familiarité avec le processus d’extraction…  en général parce que ça n’a pas explosé les premières fois. On se décontracte, on devient laxiste, bientôt on fait une erreur, et quand toutes les conditions sont réunies pour un désastre, celui-ci se produit. Par exemple, je connais un gars qui avait l’habitude de donner le meilleur de lui-même avec un appareil d’extraction au CO2. Il a ouvert une valve avant d’avoir vidé les 2000 livres de pression, ce qui lui a détruit la main.

Skunk Pharm Research

Skunk Pharm Research

J’apprécie beaucoup les tests de sécurité que le site Skunk Pharm mène sur les nouveaux équipements, et leur préoccupation vis-à-vis de ceux qui font des extractions. Je suis contre toute forme de régulation gouvernementale, mais vérifier la sécurité du matériel commercialisé est toujours une bonne chose.

J’ai beaucoup travaillé dernièrement avec l’extraction à l’éthanol. Trop d’amateurs se font exploser eux-mêmes ainsi que leur entourage avec le butane, et ceux qui investissent 5$ dans leur système d’extraction ne doivent pas s’appliquer beaucoup dans la purge. Nous venons d’avoir un grand incendie dans le comté d’Humboldt, causé par deux extracteurs de butane industriels utilisés par des consommateurs apparemment non qualifiés.

J’ai développé une machine sécurisée, peu chère, et très facile à prendre en main, capable d’utiliser de la vodka comme matière première, et qui produit des huiles claires ou transparentes qui, selon mon humble opinion, sont comparables ou même meilleures que la plupart des concentrés que je vois fabriqués avec du butane, ou même du CO2. Cette machine est conçue pour extraire toute sortes d’aliments, plantes ou herbes, et sera commercialisée comme tel.

Et nous voilà aujourd’hui. Dès la mise en place du site Skunk Pharm Research, celui-ci est devenu selon moi leader pour toutes les formes de technologies liées au cannabis. Je continue de m’amuser avec certaines nouvelles technologies (je commence à vraiment apprécier la distillation fractionnée), mais en étant très loin du niveau de science que Graywolf et Joe maintiennent actuellement dans leur travail. Ces gars sont aujourd’hui la NASA ou le JPL en technologie d’extraction du cannabis, et j’apprécie énormément d’avoir l’occasion de contribuer sur ce site autant que je peux.

Et comme je l’ai dit avant, ce que j’aime le plus sur Skunk Pharm est le blog. Le partage libre d’informations dans un format bidirectionnel qui permet à chacun d’apporter son avis est l’outil qui je crois permettra à la science du cannabis de progresser le plus rapidement possible. Nous sommes tous vraiment reconnaissants pour cette merveilleuse ressource. »

D. Gold

Nous vous souhaitons une bonne lecture !! 🙂



3 comments on “L’histoire des extractions de cannabis selon David Gold

  1. Michoacacan

    Haaaaa! J’aime beaucoup ce genre d’histoire sur « les origines » de la consommation actuelle de cannabis dans le monde.
    Surtout avec cet esprit de libre partage des informations. Dommage que ça ne soit pas plus répandu, et dommage que l’on doit parfois payer beaucoup pour de bonnes génétiques et que l’on ne puisse pas non plus les avoir et les cultiver plus librement. Mais bon ^^ Ça laisse rêveur sur tout ce qui a été fait, comment et tout ce qui peut encore être fait.

    Merci pour l’article et joyeuses fêtes ^^

  2. Bho man

    Bonjour je voulais savoir si le polyéthylène haute densité est de bonne qualité pour fabriquer un extracteur pour l exctraction au butane.merci

    1. Jerome Alchimia

      Bonjour Bho Man,

      Il y a quelques années de nombreuses personnes se bricolaient des extracteurs avec ce genre de matériel. Personnellement je ne peux recommander l’utilisation de ce type de matériel, surtout que les tubes en métal testé et approuvé ne sont pas inaccessibles.

      A bientôt

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